LA MONTAGN'HARD 120km 10000D+
Descriptif : Depuis le pied de la très belle église baroque récemment rénovée de St Nicolas de Véroce, le parcours débute par une courte mais très sévère montée ...
... qui permet de prendre pied sur une large piste herbeuse qui remonte, parfois quasiment plate, parfois bien pentue jusqu’aux jolies fermes du Plateau de la Croix puis au Déchapieu d’où une piste descend, suffisamment large pour permettre au peloton de s’étirer en limitant les risques de bouchons, jusqu’au hameau du Plan et ses fermes traditionnelles du XVIIIème siècle. Les premières lueurs à l’est ourlent de rose l’horizon barré par les pentes sommitales du Mont-Blanc toutes proches.
Une descente à travers champs puis sur un sentier traversant la forêt permet de rejoindre le Bon Nant, le torrent qui descend du val Montjoie, puis après une rapide traversée sur une des rares portions en bitume, on attaque la montée vers Montivon sur les pentes du Prarion. Le sentier, assez peu roulant et présentant une pente continue, devrait finir d’étirer le peloton qui aura intérêt à se préserver dans cette partie d’abord en forêt, puis dans une succession de bosquets, de clairières, de rocailles alternant rochers clairs et buissons de rhododendrons et de myrtilliers qui mène au petit domaine skiable sous le Prarion. C’est dans ces pentes que le jour se lèvera pour les coureurs qui verront se découvrir sous leurs yeux la vallée de l’Arve et au loin les Aravis dominés par la Pointe Percée et les Fiz pointant l’aiguille de Warens au-dessus de Passy.
La descente qui suit, « dré dans l’pentu » à travers champs, puis sur une piste caillouteuse mène au premier ravitaillement de type marathon aux Toilles. Premier moment de répit quand le parcours poursuit sur une portion plane pour atteindre le hameau de Montfort qui s’éveille aux premiers rayons du soleil. La remontée caillouteuse vers le col de la Forclaz pourrait être très humide en cas de pluie. Au col de la Forclaz, le parcours change de caractère avec une superbe monotrace serpentant joyeusement dans un environnement splendide. Quelques passages techniques rendent cette montée très ludique. L’ambiance de forêt est magnifique. Quelques trouées sur la crête que l’on suit jusqu’au sommet du Prarion laissent présager du très beau point de vue qui bientôt se dégage dans les parties rocheuses sous le sommet. La chaîne du Mont-Blanc se déploie sous nos yeux, surplombant la vallée de Chamonix. La splendeur du paysage ne doit pas détourner de l’attention nécessaire pour franchir quelques mètres sécurisés par une main courante. Les rhododendrons et myrtilliers font une haie d’honneur jusqu’à la sente parcourant le sentier sommital dans un jardin alpestre imaginé par quelque jardinier céleste inspiré. Le Dôme du Goûter et l’aiguille de Bionnassay s’offrent aux yeux des coureurs, à portée de leur foulée. Face à eux, une bonne partie du parcours de la Montagn’hard est visible, le Mont-Joly en tête, fier petit sommet schisteux qui pousse du col pour concurrencer ses prestigieux voisins. A l’horizon, les cols qu’il faudra franchir dans quelques heures paraissent bien loin !
Vous aimez la descente ? Là on va commencer à s’amuser un peu dans une descente en deux parties : une première pour quitter le sommet du Prarion, ludique et technique, sur un humus souple parsemé de cailloux affleurants qui mettent juste ce qu’il faut comme piment. Une deuxième, après un intermède plat en haut des remontées des Houches, sur un tapis de feuilles et aiguilles de pin qui amortissent les grandes enjambées autorisées par la pente très marquée mais sans pièges de cette forêt qui abrite les coureurs de la chaleur du jour qui monte (ou de la pluie qui tombe ? Qui sait ?). Le ravitaillement de Bionnassay avec sa fontaine fraîche apparaît comme une oasis au milieu du désert. Ravitaillement complet, sucré, salé, chaud, froid et sourires des bénévoles. A ce point, n’oubliez pas le plein d’eau, car s’il fait chaud le jour de la course, les km qui suivent seront une fournaise. Les quelques km qui suivent seront l’occasion de délier un peu la foulée, sur une piste puis un sentier légèrement montant et toujours confortable. Nous rejoignons bientôt le parcours classique de la Montée du Nid d’Aigle que nous ne quitterons qu’au plat de l’Are, après une montée qui ressemble un peu à Bertone sur l’UTMB, c’est-à-dire relativement sévère.
Une halte rafraîchissante au franchissement du torrent de Bionnassay permet de voir la langue terminale du glacier de Bionnassay, bordée à sa gauche par le sentier et les échelles montant au Nid d’Aigle, le point de départ de la voie normale du Mont-Blanc. Les grandes gentianes pointent leurs grandes tiges au-dessus d’un parterre de fleurs. Le parcours emprunte alors une courte descente technique et extrêmement ludique sur l’ancienne moraine du glacier qui mène à la passerelle suspendue au-dessus de la cascade furieuse du torrent de Bionnassay qui se précipite du haut des dalles rabotées par la glace. Nous la touchons presque, nous l’aurions d’ailleurs touchée il y a quelques années sans le recul impressionnant des glaciers du massif ces dernières décennies.
La remontée au col de Tricot se fait à découvert dans une ambiance majestueuse dominée par le versant ouest de Bionnassay. Début juillet, les tapis de fleurs seront au rendez-vous ! Le col est un moment de répit avec ses pentes débonnaires sur ce versant nord, sur un réseau de sentes terreuses se faufilant dans un parterre herbeux. Répit avant de plonger d’un coup sur le hameau de Miage que l’on voit 560 m plus bas, à la fin d’une descente technique très amusante. Les chalets de Miage en pierre et coiffés de large dalles de lauze sont un paradis sur terre. Le parcours y flâne un peu le temps d’un ravitaillement allégé.
Une petite montée très agréable mène à un autre coin marquant par sa sérénité : le sommet du Truc qui se fait tout petit sous le versant nord des Dômes de Miage célèbres pour leur traversée aérienne mais aisée. Un petit passage sur une piste où on peut laisser dérouler à grandes enjambées et on rejoint un petit sentier un peu oublié qui serpente joyeusement dans la forêt, parfois technique, toujours grisant. Il mène au quartier de la Frasse surplombant les Contamines qui ne sont qu’effleurées à cette occasion. Car le parcours remonte tout de suite pour aller visiter la combe d’Armancette, lieu du glissement de terrain qui conduisit à modifier au dernier moment le parcours de l’UTMB en 2005. Le nouveau sentier ne permet plus de s’approcher du petit lac d’Armancette où se prélassent tritons des Alpes et randonneurs. Mais la combe est superbe et sauvage. On en redescend avec l’enthousiasme de coureurs qui sentent le deuxième gros ravitaillement qui les attend au cœur des Contamines. Le ventre plein, les provisions bien à l’abri dans le sac à dos, les coureurs repartent pour un petit moment de fraîcheur le long du Bon Nant pour accéder au pied de la montée du Mont-Joly où sera organisé le challenge du meilleur grimpeur. Attention, c’est parti pour plus de 1500m de dénivelé sans trop de répit (pas loin de 30% de moyenne !). Cette montée permet de visiter les différents étages de l’écosystème alpin : d’abord la forêt de feuillus qui fait place aux résineux puis aux alpages (Tomme fermière à vendre à Porcherey, et refuge très sympa pour prendre un pot à la terrasse en regardant passer les coureurs) et enfin à l’étage de la haute montagne (le parcours arrive à 2525m) où la roche prend le dessus dans un chaos final qui surprendra les habitués des larges GR alpins. Lors de la reconnaissance d’octobre, nous avions pu croiser à partir de ce moment-là plus de 100 chamois !! L’ambiance est magique avec une arrivée au sommet qui comble tout montagnard pour ce qu’elle a de symbolique.
Le panorama est grandiose et nombreux seront les coureurs qui découvriront là une nouvelle facette du Mont-Blanc qui peu à peu, au fur et à mesure de l’ascension, a vu son sommet se détacher de ses antécimes. Après une petite descente technique, le parcours délaisse momentanément la crête qui mène à l’aiguille Croche pour basculer dans La Descente sur Colombaz, lieu du challenge du meilleur descendeur. Une descente de 950m tout en monotrace en terre au milieu des fleurs et des herbes hautes. Parfois la sensation de glisse est merveilleuse : on se croirait sur une piste de bobsleigh. Attention à ceux qui se laisseraient trop griser ! Les quadriceps pourraient s’en souvenir peu après ! Au bas de la descente, un petit pont de bois permet de rejoindre un sentier court mais bien pentu qui conduit au ravitaillement de l’Etape où un repas chaud sera servi auprès d’un petit lac turquoise où les familles auront pu attendre leurs préférés à la terrasse d’un restaurant en bois, en pédalant sur les eaux bleutées ou en profitant de l’aire de jeu toute proche (pourquoi pas un petit mini-golf ?). Attention à ne pas se laisser séduire par le lieu, on est en course …
D’autant que ce qui suit vaut le détour. Un petit sentier technique qui d’abord hésite entre montée et descente dans une ambiance de sous-bois moussu, puis bascule enfin carrément vers le fond de la vallée et la célèbre église de Notre Dame de la Gorge. Les habitués de l’UTMB découvriront un tout autre cheminement dans ce célèbre vallon qui mène à la Balme puis au col du Bonhomme. Délaissant la voie romaine rive droite, le parcours prend un sentier technique et très pentu rive gauche. Les racines et les pierres jonchent cette trace en terre qui monte dans une ambiance de sous-bois bien agréable avant de redescendre légèrement vers le refuge du Nant-Borrant. Un petit clin d’œil à la piste qui monte à la Balme puis on pique à droite dans les pâturages pour une nouvelle montée technique jusqu’au hameau des Prés qui témoigne de la vie pastorale multiséculaire de ses alpages d’altitude.
Un peu de répit sur une jolie piste plane qui permet de rejoindre le ravitaillement de type marathon de la Balme et le parcours reprend de plus belle pour atteindre un des joyaux de la course, les splendides lacs Jovet, éclairant de leur reflet métallique le chaos rocheux environnant. On fait le tour du lac principal pour redescendre et rejoindre le royaume des marmottes qui surveillent l’accès au col de la Cicle, dont la vue de la pente terminale inquiète des coureurs déjà fatigués par les près de 80 km déjà réalisés. Ce col peu pratiqué baigne la course dans une ambiance sauvage qui n’est pas démentie par la partie qui suit, petite incartade dans le Beaufortain. Pelouses épaisses entrecoupées d’éboulis, pentes adoucies qui permettent aux organismes qui seraient encore en état, de délier un peu la foulée. Le terrain souvent souple permet d’avancer à bonne vitesse au milieu des parterres fleuris de la partie sud du domaine skiable des Contamines.
Il est temps de trouver le principal ravitaillement de la course : la base-vie du Signal où un contrôle médical systématique sera réalisé. Plat chaud, salle de repos, séances d’ostéopathie seront proposés pour convaincre un maximum de coureurs de poursuivre. Ce serait d’ailleurs dommage de s’arrêter en si bon chemin. Un chemin un peu ignoré de tous permet de rejoindre dans les hautes herbes le fond du vallon sous le Signal puis le parcours remonte sur les pistes tantôt herbeuses tantôt en terre pour finir par rejoindre la crête du Mont-Joly à l’Aiguille Croche. Ce très beau parcours qui devient peu à peu aérien est parfois un peu stressant sur la fin, même si le sentier est toujours bon. Les plus impressionnables se concentreront un peu sur leurs pieds pendant 200/300m pour ne pas trop réaliser les pentes qui se creusent à droite et à gauche (et se rappelleront pour se rassurer que le traceur est lui-même victime du vertige, et qu’il est passé sans encombres !).
L’arrivée au troisième sommet du parcours sera un vrai soulagement. Le point de vue est superbe et à ce point il ne reste qu’une seule montée avant l’arrivée. Une descente bien marquée permet de rejoindre le Tour du Beaufortain qui par un balcon très sympathique mène au col Véry qui ouvre les portes de la commune de Megève. Une longue descente régulière sur un petit sentier en terre permet de rejoindre la route de l’Altiport où peu de temps après se trouve le dernier ravitaillement que beaucoup atteindront de nuit. Il ne reste alors qu’une petite dizaine de km à courir (?), la halte sera souvent limitée au minimum. La dernière montée se présente sous les pas des rescapés. Elle mène aux pâturages d’Hermance sis dans un écrin de verdure puis au chalet du Mont-Joly, le plus vieux restaurant d’altitude de la région. Un petit sentier fleuri en balcon permet de poser le pied sur la crête ascendante qui mène de St Nicolas au Mont-Joly. Il ne reste alors plus qu’une formidable descente sur cette croupe herbeuse large et à la pente souvent débonnaire qui permet à ceux dont les quadriceps seraient encore disposés à un tel effort, de réaliser un quasi sprint. Cette descente est grisante, la souplesse du terrain la rend peu traumatisante, mais la vitesse que l’on peut atteindre peut être très exigeante pour les muscles. Après un long passage très courant, la fin devient plus tortueuse et variée. Mais la perspective de la fin toute proche devrait permettre de lâcher les chevaux. On débouche soudain au cœur du village et les quelques centaines de mètres qui restent à parcourir dans la rue principale permettent de goûter la performance réalisée sous les applaudissements des spectateurs (enfin, peut-être pas trop pour une arrivée à 3h30 du matin !).
Notre avis : Dont 1.50€ de frais de gestion et transaction bancaire, inclus dans le tarif d'inscription.
PRIX : 96.50 €